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Les
mousquetaires déchus du CD&V ?
Responsable,
pas responsable ...
Au CD&V, la défaite laisse des traces. Il
y a ceux (Leterme and co) qui démissionnent beaucoup
mais qui restent en place, il y a ceux qui jouent les
fusibles (Thyssen anc co) , il y a ceux qui jouent les
donneurs de leçons (Van Rompuy and co) et il
y a ceux qui croient encore pouvoir imposer aux belges
leur vision politique (Eyskens and co).
Marianne Thysen quitte la barre
du navire CD&V (chrétiens-démocrates
flamands). Qu'est qu'il lui a pris de vouloir mener
les listes électorales de son parti alors que
de nombreux observateurs prédisaient une défaite
cuisante. Malgré toute la sympathie que l'on
peut avoir vis-à-vis de son courage humaniste
face à la déferlante nationaliste flamande
que même "Groen" n'arrive pas à
éviter, il faut quand même avouer que sa
décision de tirer les listes du CD&V manque
de visée stratégique.
Marianne Thysen s'est en effet
lancée dans sa première campagne de leader
au moment même où sa formation risquait
la déroute. Sa candidature a seulement permis
d'éviter que d'autres ne s'y collent (Leterme
and co).
Son actuelle démission
de la présidence de son parti est aussi la démission
des modérés du CD&V. Dans 4 ans, qui
de la NVA et du CD&V sera le plus intransigeant,
le plus nationaliste ... ?

De son côté, Yves
Leterme (actuel 1er ministre belge en affaires courantes)
avoue une part de responsabilité, quitte à
ce qu'on ne puisse l'accuser de les fuire. Autant l'homme
a déçu, stratégiquement parlant,
dans le passé, autant sa sortie marque une forme
indéniable d'intelligence tactique. Le but était
d'éviter le lynchage politique ; il a réussi.

Le Président du Conseil
européen (Herman Van Rompuy) quitte, le temps
d'une déclaration, son rôle "au dessus
de la mêlée". Il met la pression sur
Bart De Wever et sur Di Rupo. Aurait-il appris les avantages
d'une position présidentielle à la française
ou monarchiste à la Mitterand. Les Flamands voudraient-ils
troquer un Albet 2 contre un Herman 1er ?

Enfin, un dynosaure de la politique
belge, Mark Eyskens, le "Leterme des années
80", se rappelle à nos bons souvenirs pour
proposer des réformes audacieuses. Selon lui,
il faut éliminer la Chambre, le Sénat
et créer un Congrès confédéral
composé pour tiers de députés de
la région flamande, pour tiers de députés
de la Communauté française et enfin pour
tiers d'élus "confédéraux"
élus dans une circonscription nationale. La législature
durerait 5 ans, le gouvernement serait composé
de deux premiers ministres (le premier exercerait ses
fonctions pendant la première moitié du
mandat (2 ans 1/2), le deuxième pour la deuxième
moitiéu). Cela permettrait une parité
linguistique.
Nous analyserons ailleurs et
plus tard le fond de la proposition. Une 1ère
remarque cependant : la vision de M. Eyskens est une
vision marquée par un (con)fédéralisme
communautariste. Les régions bruxelloise et germanonphones
disparaissent de facto dans une telle optique.
Cela va à l'encontre
des dernières avancées institutionnelles
marquées davantage par un (con)fédéralisme
régionaliste. M. Eyskens est un homme des années
70 et 80, cela explique peut-être sa vision.
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